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Cyrano de Bergerac

Edmond Rostand

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Edmond Rostand: sa vie, son oeuvre 

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Les parents d’Edmond Rostand, tous deux de Marseille, sont descendants de solides lignées.  Il est administrateur de la Caisse d’Épargne de la Bouche–du-Rhône, elle est issue d’une bonne famille provençale, les Gayet.  Mr. Rostand père écrit en outre des poèmes à ses heures et son frère signe quant à lui  des ouvrages sur la musique. Le premier avril 1868, Eugène et Angèle Rostand accueillent avec bonheur leur premier-né,  Edmond.  Un an et des poussières après leur mariage, le jeune couple respecté de Marseille devient ainsi une famille qui va bientôt s’agrandir avec les naissances de deux fillettes, Juliette et Jeanne, auxquelles on apprendra entre autres le piano. Bien nantis, les Rostand peuvent se permettre de mettre leur progéniture à l’abri de la guerre de 1870 en passant quelque temps sur la Côte d’Azur.  Outre ce séjour, ils passeront plusieurs étés en vacance dans leur villa de Luchon, dans les Pyrénées,  pour le plus grand bonheur des petits. C’est donc dans un milieu aisé, instruit et ouvert aux arts que l’auteur de Cyrano vivra ses premières années.

Le jeune Edmond commence l’école de façon désinvolte avec les autres petits Marseillais de la société, à l’institution Thédenat. Peu inspiré par les sciences et les mathématiques, il éprouve cependant de l’enthousiasme pour l’histoire et le français. Sa réelle passion est pour le spectacle et le théâtre. L’été, il offre déjà à sa famille des pièces de son cru mettant en vedette le Guignol, marionnette fort populaire de l’époque, que lui a offert son oncle Alexis. Sensible et généreux, Edmond n’est pas un enfant capricieux. Son père ne manque pas de lui rappeler la chance qu’il a d’être né dans un milieu confortable.

À l’âge de seize ans, Edmond est inscrit par son père au collège Stanislas, à Paris, pour qu’il entame ses études en droit. L’adolescent s’ennuiera beaucoup dans la grande ville grise. Les plages ensoleillées de son enfance lui manquent cruellement. Il n’étudie vraiment que les matières qu’il aime. Il fait la découverte de grands auteurs tels que  Corneille (et son célèbre Cid), Cyrano de Bergerac (le vrai, celui qui vécut de 1619 à 1655 et dont il s’est inspiré pour créer son personnage), Boileau… Le 17e siècle et les récits de bravoure, de passion et de verve captivent son attention. On dit que c’est au Collège qu’il a rencontré un maître d’étude que ses camarades nommaient « Pif-Luisant » à cause de son appendice nasal proéminant. C’est aussi à cette époque qu’Edmond, pris d’empathie pour un ami  au vocabulaire maladroit,  dicte des lettres d’amour  à son camarade pour l’aider à séduire une demoiselle comme le fait Cyrano dans la pièce éponyme. Le directeur du collège écrira de lui : « Pendant son séjour à Stanislas, Edmond s’est fait remarquer par des qualités précieuses : belle intelligence, esprit fin, distingué, ouvert aux études littéraires, caractère aimable, manières d’un jeune homme distingué. »[1]

À sa sortie du collège, le jeune bachelier  prépare sa licence en droit en Sorbonne. Avec des amis, il va au théâtre, écrit des vers et rêve secrètement de devenir  grand poète. À 18 ans, il gagne un concours de l’Académie de Marseille consistant à comparer Honoré d’Urfé et Émile Zola, tous deux romanciers de Provence. Un an plus tard, il rencontre  Rosemonde Gérard, une jeune fille de qualité, poète elle-même, de deux ans son aînée. C’est le coup de foudre. Toute de beauté et d’esprit, elle sait lui donner foi en son talent et l’envie de réussir sa carrière. Après avoir obtenu sa licence en droit, Rostand signe en collaboration une première pièce présentée en 1888, Le Gant rouge. La critique démolit ce vaudeville cousu de fil blanc. Qu’à cela ne tienne, l’année suivante, Edmond  écrit Les Musardises, un recueil de poésie que Rosemonde, fait publier. Entre temps, les deux amoureux convolent en justes noces le 8 avril 1890. Encouragé par le bel accueil de son ouvrage poétique, il écrira Les Deux Pierrots (1891), œuvre inspirée de Verlaine et Hugo qui ne sera que lue à la Comédie-Française (théâtre légendaire parisien),  puis trois ans plus tard,  Les Romanesques, pièce qui sera couronnée de succès en mai 1894 au même  

endroit. Le jeune père de deux garçons (Maurice Rostand est né en 1891 et Jean en 1894) connaît le succès tant espéré. À la fin de cette même année, Sarah Bernhardt, l’exubérante comédienne de renom,  interprète le rôle titre de La princesse lointaine, œuvre tragique aux accents byzantins de Rostand qui ne remportera pas les mêmes honneurs, malheureusement. La comédienne continue de croire en son poète et se lie d’amitié avec ce dernier. C’est aussi à la suite de cet échec que Jules Renard, auteur de Poil de carotte, le remarque et devient un nouveau camarade de lettres. Or, de 1895 à 1896, Rostand ne va pas bien, il cultive les idées noires, ce qui inquiète Rosemonde ainsi que son entourage. Avril 1897, le duo Bernhardt-Rostand prend sa revanche avec le drame biblique La Samaritaine, qui est accueilli chaudement, à un point tel que l’actrice la reprendra dans son théâtre à chaque Pâques pendant plusieurs années. Et à la fin de 1897, le 28 décembre, le triomphe total embrasse Rostand : Cyrano de Bergerac, interprété par Coquelin, célèbre comédien de l’époque,  est applaudi à tout rompre. La ville entière acclame l’auteur qui, la veille encore, oscillait entre la confiance et l’angoisse.  La pièce sera jouée plus de trois cent fois cette année-là. Edmond, qui jusque-là s’était tenu loin des cercles mondains, devient un personnage recherché et admiré dans les salons. Le dandy se laisse séduire par les regards admiratifs de ses contemporains. S’il a des dizaines de projets, il prendra tout de même un repos bien mérité de trois ans.  Mars 1900, Sarah Bernhardt fait vivre l’Aiglon, sa nouvelle pièce sur le fils de Napoléon Bonaparte. Très anxieux comme à son habitude la veille des créations, Rostand tombe malade d’une congestion des poumons, et ne peut assister à la première que grâce à une ligne téléphonique reliant son appartement au théâtre, un théâtrophone.  Encore une merveilleuse victoire, la pièce est jouée presque autant de fois en une année que Cyrano l’a été. À 33 ans, Rostand est nommé académicien (encore plus jeune que Victor Hugo),  comme son père l’a été et comme son fils Jean le sera plus tard. Or l’état de santé du poète est fragile : il va se soigner cet été là à Cambo-les-bains, dans le Pays Basque. Amoureux de ses paysages, il y séjournera la moitié du temps pendant les années qui suivent. Il y fait construire, en 1903, une immense villa du nom d’Arnaga, selon ses plans et ses élans créatifs. Il oublie peu à peu l’effervescence de Paris. C’est de cette demeure qu’il écrit  Chanteclerc (1910), sa dernière œuvre. En effet, cette comédie mettant en scène des animaux de la basse-cour s’inspire de ses longues promenades en campagne. Si elle est l’œuvre la plus personnelle et la plus intime du poète, la pièce n’est d’abord pas comprise par le public. Elle sera néanmoins jouée et rejouée abondamment dans les années qui ont suivi. Puis, la première Guerre mondiale éclate en 1914. De 1914 à 1918, Edmond Rostand fait la navette entre Paris et Arnaga, il aide à la correspondance les soldats éloignés de leur famille. Or, il n’écrira plus pour le théâtre. Il s’éteint à l’âge de 50 ans en 1918 d’une double pneumonie.

 [1] Journal inédit d’Angèle Rostand qui retrace l’enfance de son fils, Musée Edmond Rostand, villa Arnaga, Cambo-les-bains

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Sarah Bernhardt dans L'Aiglon

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Affiche de Chanteclerc

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Arnaga

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Edmond Rostand se reposant sous les cyprès

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Maurice et Jean, avec leur père Edmond Rostand

Rosemonde Gérard